Elle se dit qu'elle arrivera pas à tout cacher toute sa vie, avec ses beaux sourires et son masque d'hypocrisie.
J'arrive pas à comprendre pourquoi ça bloque autant. J'ai une boule dans le ventre, des larmes dans les yeux, la tête qui résonne et le cerveau en feu. J'ai envie de vomir. Physiquement et moralement. J'ai envie de réécrire mon passé... de tout changer. D'avoir eu les c*uilles, plus tôt. De l'avoir partagé. Ou même de le partager, maintenant.
Je sais, c'est toujours les mêmes problèmes. C'est toujours ces mêmes choses qui me coincent. Et j'n'en parle toujours pas. J'me prends pas en main, j'dis qu'c'est passé, et hop. Personne n'insiste. J'ai envie de dire que non, en fait, ça va pas. C'est pas "juste une chanson" qui me met dans cet état. C'est pas "juste un témoignage". C'est ma vie, bordel. Les gens n'se connaissent pas, ne me connaissent pas, ne cherchent pas à se connaitre, à me connaitre. Ouais, toujours, je serai égoïste. Comme lui. Je n'sais pas s'il y repense, et s'il regrette. Ou s'il en rit. Ou si ça lui fait mal.
Allez, j'ai 3/4 d'heure pour me vider la tête, pour vider ces mots, pour essayer d'me sentir bien, d'me sentir vide, ou pleine, mais de changer ça, de mettre un autre état à la place du mien. Essayer de pouvoir regarder les gens en face sans mentir. Essayer d'être capable. Arrêter de mentir, aux autres, à moi. "les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent faire du alà nous m-ême, les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent dfaire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent fait redu mal à nous-même"... Arrêter de mentir, arrêter de mentir, arrête de mentir, arrête de mentir, arrête de mentir, arrêtede mentir, arrête de mentir, arrête le temps, remonte le temps, accélère, arrête, arrête, arrête...
Evadé, s'évader, sortir de ma tête, s'échapper rien qu'une minute de ce poids, arrêter de penser du mal, du bien, arrêter de penser rien qu'un instant, laisser parler tes yeux qui pleurent, ta bouche déformée, ton cerveau bouillonnant, arrêter de réfléchir avant de répondre "oui, ça va et toi ?" et répondre franchement "non"...
Et là quoi, tu vas aller en cours, tu vas regarder tes pieds, avec ta musique, "and forever with tears", tu feras semblant de ne pas entendre les gens, qui rigoleront "elle a sa musique, héhé", qui diront des trucs pour me faire réagir, et puis quoi ? je regarde et je souris, sourire meurtrier, les faux sourires peuvent faire du mal à nous-même, les faux sourires peuvent... font du mal à nous-même, les faux sourires nous font du mal, les faux sourires tuent... sourire triste, quand bien même un sourire, suffisant pour eux... peut-être.
Et là, j'ai envie de me taire, à tout jamais. J'ai envie de n'rien dire, de toute la journée, de toute la semaine, de toute la vie... Laisser parler mes sourires, histoire qu'on sache que celui là, arboré, signifie "je vais mal"...
Quoi, compliquée ? Quoi, implicite ? Oui, j'aimerais qu'on me comprenne instantanément. Oui, j'aimerais pouvoir ne rien avoir à dire pour m'exprimer. Oui, j'aimerais que ce texte s'imprime sur mon front, et défile tous les jours, "LES FAUX SOURIRES PEUVENT FAIRE DU MAL À NOUS-MÊME", afin que j'y pense quand je me farde au miroir, quand je leur mens, quand je me mens... Et j'aimerais les voir encore débarquer chez moi à l'improviste, pas rangé, vaisselle sale, frigo et placards vides, moi qui mate des anime en pyjama, mal coiffée, "mal nourrie", et vide... Et qu'on m'oblige à me révéler, à rester "normale"... Pourquoi une partie de moi hurle en écrivant ça ? "Rester normale". J'hurle et en pleure, je n'veux pas, je veux être normale, je n'veux pas, JE N'VEUX PAS, je n'sais plus... À la base, j'suis p't-être pas normale, chuis pt'être pas comme les autres qui ont eu ou vu des choses de leur enfance, qui en ont des souvenirs clairs. P't-être parce qu'il y a rien de mémorable. Rien que des foutues images et odeurs...
Des fois, à la bougie sur ma peau, j'ai envie de la laisser tomber, et de tout brûler, brûler les souvenirs et se laisser reconstruire après ça... Des fois, j'ai envie d'extrémisme et d'amnésie, afin de renaitre... Des fois, j'ai envie de tuer, de mourir, de voyager, de partir, de brûler, de tomber, de tuer, de tuer, de... J'ai envie de tomber, et de n'pas me relever, ou de me relever changée. J'ai envie de me réveiller, et de m'apercevoir que je vis une vie pour un autre, de m'apercevoir que je suis dans un jeu vidéo, et que tout ça, toute ma vie, tout ce que j'écris, c'est du virtuel. Pour pouvoir tout recommencer quand ça tournera mal. Pour pouvoir mourir et changer de personnage, changer les caractéristiques de naissance, et revenir jusqu'au nv19... Je crois que j'adorerais avoir une vie aussi simple. Simple comme un jeu vidéo.
Je m'sens pas beaucoup mieux. Je devrais pas réfléchir, ça me fout encore plus mal. J'aimerais tellement vérifier ma théorie... J'aimerais tellement me réveiller un jour, en me disant que ce rêve était vraiment étrange, que cette fille m'effraie, qu'elle est bien mieux en rêve parce qu'en vrai, elle doit être invivable...
Envie de me perdre. De partir dans des endroits inconnus, et de réinventer un monde. De me perdre dans un pays plus beau, avec des gens plus beaux. Un endroit où on ne se comprendrait pas, où personne ne se comprendrait. Tout réinventer ensemble, se sentir utile... Et se bercer dans des illusions de réalité pleine et sereine...
Bah.